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Marina Silva, candidate verte au Brésil sera au second tour des élections

Marina Silva, candidate verte au Brésil sera au second tour des élections

L'ex-ministre de l'environnement de Lula est l'une des figures historiques de la mouvance écologiste mondiale. Elle exposait en juin dernier, dans un entretien exclusif accordé à Novethic, ses convictions en faveur d'une politique environnementale et de lutte contre la déforestation compatible avec le développement économique de son pays.
Une actualité originale de Novethic

Elle est à l’écologie ce que Gilberto Gil est à la musique : une figure historique du patrimoine brésilien. Le président Lula ne s’y est pas trompé en les nommant tous deux ministres, dès sa première élection, l’un à l’environnement, l’autre à la culture.

De l’eau a coulé sous les ponts de la vie politique brésilienne. Le chanteur s’est retiré pour raisons personnelles, mais Marina Silva a fait de son départ du gouvernement un geste d’opposition.

Après avoir validé par défaut le feu vert accordé à la culture des OGM par le président Lula, elle n’a pas voulu se compromettre davantage face aux lois de 2009 qui remettaient, selon elle, en question la lutte contre la déforestation en Amazonie.

« La question sociale fait partie des fondamentaux du PT et, grâce au président Lula nous avons réussi un processus d’inclusion sociale » dit-elle, « mais le Parti ne s’est pas montré capable de saisir le sens de la lutte environnementale. Il est incompréhensible qu’en plein 21ème siècle, au milieu d’une crise écologique sans précédent, le PT continue à défendre un modèle de développement pour le développement, de croissance pour la croissance ».

Elle a rejoint le « PV », le parti des verts, et tentera sa chance à l’élection présidentielle de l’automne prochain au risque de gêner Dilma Roussef, la candidate mise en avant par le président Lula.

Spécificité brésilienne

La légitimité est intacte pour assumer ses positions. « A senadora », « la sénatrice », comme l’appellent respectueusement ses proches, est « née » écologiste, dans l’Etat de l’Acre, aux frontières avec le Pérou, encore très largement couvert de forêt équatoriale primaire.

Elle personnifie un modèle brésilien de l’écologiste où la défense de l’environnement rejoint celle des populations vulnérables les plus dépendantes de la nature pour leur subsistance : petits agriculteurs sans terre, chasseurs cueilleurs, petits pêcheurs, indigènes ou « caboclos » nés de l’union entre portugais et amérindiens.

Marina Silva s’est battue aux côtés de Chico Mendès, le chef de fil des seringueiros qui tirent leur subsistance de la récolte du caoutchouc naturel extrait de l’hévéa sauvage, assassiné en 1988 parce qu’il s’opposait aux grandes fortunes de l’élevage.

« Lié à Chico Mendes dès l’origine, il y a vingt quatre ans, le Partido Verde est né dans une perspective bien différente des autres partis écologistes dans le monde. La lutte pour l'environnement s’appuyait ici dès le départ sur des considérations économiques et sociales ». (voir à ce sujet le blog eco-sapiens Bia Saldanha : sur les traces de Chico Mendes)

Priorité à l’éducation

A gauche, ses détracteurs affirment que, derrière la cause environnementale, elle cache une vision néolibérale de la société. C’est peut-être parce qu’elle prône « l'approfondissement » de la question des minima sociaux désormais garantis aux plus pauvres par le programme « faim zéro ».

Elle explique : « l’une des manières de faire en sorte que cette politique ne mène pas les gens à la dépendance est de mettre en place une deuxième couche de mesures qui assure l’inclusion productive de chacun. Il est fondamental d’investir dans un système éducatif de qualité, reprend-elle, nous avons encore au Brésil 18 % de jeunes analphabètes et 55 % de jeunes qui ne terminent pas l’école. Ceux qui parviennent à l’université ne représentent qu’une toute petite minorité ».

Croissance verte

Dans un pays émergent comme le Brésil, la protection de l’environnement sonne mal aux oreilles d’une partie des entrepreneurs. Le principal tabou à combattre, selon elle, est celui de l’incompatibilité entre défense de l’environnement et croissance économique.

« Aucun parti n’a jusqu’ici perçu qu’il ne s’agit plus d’opposer la législation environnementale à la dynamique économique mais d’intégrer les deux, considère-t-elle. Protéger l’environnement tout en favorisant le développement économique, cela suppose simplement d’utiliser avec sagesse ces ressources »

.

Elle donne l’exemple de la forêt. Avec ses 300 millions d’hectares de terres disponibles pour l’agriculture et l’élevage, un cinquième de l’Amazonie déjà défriché (165 millions de kilomètres carrés) le Brésil a, en théorie, de quoi faire sans avoir à empiéter davantage sur le couvert de forêt primaire estime-t-elle.

« L’Embrapa (centre de recherche lié au ministère de l’agriculture. NDLR) a effectué des recherches qui pourraient nous permettre de développer l’agriculture sans avoir besoin d’abattre un seul arbre de plus. Dans le système d’élevage de bétail traditionnel on utilise 400 hectares pour produire un emploi, avec une tête de bétail à l’hectare, alors que, selon ces travaux, 80 hectares seraient suffisants avec une plus grande productivité à l’hectare. On peut donc aller dans cette direction tout en continuant à améliorer le niveau de vie de gens ».

Le sort de la forêt est précisément ce qui a motivé son départ du gouvernement.

« Le dispositif contre la déforestation que nous avions mis en place était menacé. Grâce au plan qui avait été mis en œuvre jusque-là, il a pourtant été possible de se rendre à Copenhague avec des objectifs, réalisables à 80 % grâce aux mesures de sauvegarde de la forêt ». Elle poursuit :

« La forêt encore sur pied pourrait être gérée de manière durable, notamment en valorisant la biodiversité grâce à un système international qui accorderait des avantages économiques aux Etats qui s’y engagent. Un autre chantier consiste à restaurer les terres dégradées qui représentent également d’immenses surfaces ».

Ecologie politique

En politique, Marina Silva se définit comme une « gardienne des utopies », « comme l’ont été avant moi Chico Mendès ou Darcy Ribeiros et jusqu’au président Lula où à l’ancien président Fernando Henrique Cardoso qui ont lutté contre la dictature militaire ». Les enjeux ont changé.

« Il y a vingt ans, l’objectif était la conquête de la démocratie. Aujourd’hui, le défi est de nous développer en préservant nos richesses naturelles ». Elle compte sur « l’alliance générationnelle » pour y parvenir. Sa présence au second tour des élections montre qu'elle a largement été entendue.

Novethic 05/10/10
Photo: Casa de Marina em Manaus faz candidata voltar ao passado(FlickR/ mslivaonline)
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