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Label « Soja responsable » : à peine créé, déjà contesté

Label « Soja responsable » : à peine créé, déjà contesté

Une table ronde réunissant producteurs, traders, industriels et quelques ONG vient d'établir certains critères pour certifier un « soja responsable ». Mais ce label est d'ores et déjà très contesté, notamment sur la question des OGM.

Une actualité originale de Novethic

Avec près de 240 millions de tonnes produites dans le monde pour l’année 2008/2009*, principalement en Amérique latine (Argentine et Brésil), Chine et Etats-Unis, la culture du soja fait aujourd’hui figure de symbole d’une agriculture intensive et mondialisée.

Une (mono)culture très rentable mais régulièrement pointée du doigt pour ses effets dévastateurs sur l’environnement et les communautés locales : accélération de la déforestation, fortes émissions de gaz à effets de serre, conflits sociaux et fonciers avec les petits agriculteurs, maladies causées par l’utilisation massive de pesticides, etc.

Pour encadrer cette production, une « Table ronde sur le soja responsable » (RTRS) a donc été mise en place en 2006 avec les producteurs, les représentants de l'industrie, des finances et du commerce, les organisations gouvernementales et les organismes de représentation de la société civile du monde entier.

Le 28 mai, son assemblée générale a voté à l’unanimité une liste de « principes et critères pour un soja responsable » applicables « sur la base du volontariat, dans toutes les zones géographiques, pour tous types et toutes tailles d'exploitations de production de soja ». Un programme pilote va donc être mis en place dans les pays producteurs pendant un an, pour permettre une validation de ces critères et les amender avant leur adoption définitive l’an prochain.

Pourtant, à peine créée, cette « certification » fait déjà l’objet d’une vive contestation de la part de certaines ONG. En avril dernier, près de 80 associations à travers le monde se sont regroupées contre la RTRS. Selon elles, la Table ronde « encourage l’expansion de la monoculture de soja, fait la promotion du soja génétiquement modifié comme « responsable » et définit des critères insuffisants pour protéger la biodiversité de certaines régions ».

Pour les Amis de la terre, signataires de cette pétition, il s’agit surtout d’une « tentative de greenwashing» destinée, d’une part à contenter les industriels – Cargill et ADM qui sont de gros négociants de soja, ou encore Monsanto, Syngenta, Shell et Unilever - et, d’autre part, à rassurer les consommateurs et Etats européens, qui importent massivement le soja pour nourrir le bétail, produire de la viande et des agro carburants.

A première vue, les « principes et critères » retenus semblent effectivement flous et basés sur le plus petit dénominateur commun. Plusieurs ONG déplorent notament le soutien du WWF à un projet qui entérine la culture du soja génétiquement modifié comme mode de production responsable. Si l’ONG rappelle qu’elle est globalement contre les OGM, la culture du soja transgénique fait exception, selon elle, car « il s’agit déjà d’une réalité ». Aujourd’hui, près de 70 % de la production mondiale de soja est, de fait, génétiquement modifiée.

Mais au-delà de la question des OGM, c’est la philosophie même de la Table ronde qui est critiquable pour les associations, car celle-ci est ouvertement « orientée marché ». Si les cultures doivent respecter l’environnement, elles n’en doivent pas moins être « développées pour répondre à une demande globale grandissante » (celle-ci devrait être multipliée par 2 d’ici 2050 selon le WWF), précise la RTRS. Or, pour Christian Berdot, coordinateur OGM/agro carburants des Amis de la Terre « le soja responsable passe obligatoirement par une réduction de la production. » Une vision partagée par le WWF France qui a publié en janvier dernier un rapport proposant des alternatives concrètes à l’importation hexagonale de soja. La France est en effet la première consommatrice européenne de la pousse avec 4,5 millions de tonnes importées chaque année.

* estimation USDA/département américain de l’agriculture
Novethic 08/06/09
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