
L'enquête démontre le lien, aujourd'hui avéré, entre les substances toxiques et la baisse de fertilité observée chez les hommes.
« Au départ, on n'osait pas croire ces résultats ». C'est sur ces témoignages glaçants de chercheurs du monde entier que s'ouvre le documentaire « Mâles en péril » de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade*. Les auteurs reviennent sur les découvertes scientifiques qui amènent aujourd'hui à affirmer - et non plus seulement à supposer - que la baisse de la fertilité observée chez l'homme depuis une quinzaine d'années est liée à la pollution de son environnement.
Devant ces informations gravissimes, on s'attend à une réaction ferme des décideurs. L'interdiction pure et simple des substances dangereuses ? Un moratoire sur les produits soupçonnés d'être reprotoxiques ? Une augmentation des crédits de recherche pour les laboratoires ? Rien de tout cela. Nathalie Kosciusko-Morizet s'est certes déclarée préoccupée par le sujet. Elle soutient la sortie du documentaire d'Arte et organise, mardi 25 octobre, un colloque international « Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant » pour faire le point sur l'état des connaissances scientifiques. La création d'un pôle d'écotoxicologie est également à l'étude. Mais la secrétaire d'Etat à l'écologie n'a parlé que d'une « campagne d'information des citoyens » et de prévention, essentiellement auprès des femmes enceintes. Elle place ses espoirs dans la réglementation REACH, qui « responsabilise l'industriel ». « Les questions posées par les chercheurs de notre reportage demandent des réponses politiques » a déclaré Sylvie Gilman, l'une des réalisatrices du documentaire. « Les réponses de stratégies individuelles ne suffisent pas ».
*Mâles en péril, de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade. Documentaire (2008 - 52 minutes). Diffusé le mardi 25 novembre à 21h sur Arte, suivi d'un débat avec la secrétaire d'Etat à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet.