
Le Roundup devant les tribunaux
Premier désherbant vendu en France et dans le monde, les ventes de Round Up ont fortement augmentées (+60% entre 1997 et 2002 pour atteindre l'équivalent de 9 millions de litre par an) à la suite de campagnes publicitaires intensive visant à présenter le Round Up comme un désherbant efficace, biodégradable et écologique.
Les dirigeants des sociétés MONSANTO (producteur du Roundup) et SCOTTS France (distributeur du Roundup) ont été assignés pour publicité mensongère, les allégations suivantes étant incriminées : "biodégradable" et "respecte l'environnement".
Sur 6 produits Roundup, les étiquettes présentaient des allégations environnementales telle que notamment :
- 100% biodégradable ou biodégradable
- propre
- respecte l’environnement
- efficacité et sécurité pour l’environnement
- utilisé selon le mode d’emploi RoundUp, ne présente pas de danger particulier pour l’homme et les animaux domestiques.
La diffusion de message publicitaire abusivement rassurante sur l’innocuité du Roundup a conduit à une augmentation considérable des ventes de ce pesticide. De nombreuses surfaces, dont certaines particulièrement sensibles au ruissellement ou directement connectées aux ressources en eau, ont ainsi été traitées. Aujourd’hui, l’AMPA (métabolite du glyphosate) et le glyphosate sont respectivement 1er et 3e pesticide les plus détectés dans les ressources en eau (en 2004 ce pesticide a été détecté dans 78 % des échantillons d’eau analysés en Bretagne).
L'UFC Que Choisir et Eau & rivières de Bretagne cherchent donc à démontrer que les allégations utilisées par Monsanto étaient de nature à induire en erreur les consommateurs. En effet, il a été prouvé que le glyphosate, substance active du Round Up, pouvait mettre jusqu'à 8 mois pour se dégrader. Par ailleurs, la dangerosté du glyphosate a été démontrée par la réhomologation de cette molécule au niveau européen en 2001, qui est maintenant classée N-R51: dangereux pour l'environnement- toxique pour les organismes aquatiques.
Le premier jugement qui a eu lieu devant la 5e chambre du tribunal correctionnel de Lyon en décembre 2006 a abouti à la condamnation des dirigeants à 15 000 € d’amende. Suite à l'appel des 2 dirigeants, Eau & Rivières de Bretagne a immédiatement fait un appel incident. Le dossier qui devait être examiné le 4 juin 2008 a été reporté au octobre prochain.
En attendant le combat sur le terrain continu puisque Monsanto a lancé au printemps une nouvelle campagne de communication dans la presse écrite, à laquelle l'association Bretonne a répondu par une contre-campagne intitulée "Roundope".
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